Ecole - Mairie

 

 

Ecole

La carte de la Lorraine en cette fin de XVIIème siècle apparaît fortement morcelée. Les trois évêchés de Verdun, Toul et Metz forment d’importantes enclaves françaises dans les terres ducales. Quelques terres d’Empire sont enclavées dans le duché. Mais la religion est le facteur d’unité.

Les petites écoles sont nées à la fin du XVIème siècle. Le concile de trente introduit dans le décret du 15 juillet 1563 la notion de création de petites écoles à l’échelon paroissial.

En avril 1669, l’évêque oblige chaque paroisse à avoir son maître d’école pour « chanter au lutrin, servir à l’église et instruire les enfants ».

En 1695, l’assemblée du Clergé prend une mesure sur le droit d’inspection des évêques « les Régens, percepteurs, maîtres et maîtresses d’école des petits village seront approuvés par les curés des paroisses ».

A Neufmaisons, on trouve trace dans les actes d’état civil de la présence de régents d’école en l’an 1691

On peut donc constater que le village de Neufmaisons fut pionner dans l’implantation des petites écoles.

 

Si le régent est approuvé par les curés, le choix en revient à la communauté des villageois. Les maîtres signent des contrats appelés « traités » pour des périodes assez courtes. Ainsi chaque signataire peut mettre fin à son contrat et reprendre sa liberté. Les traités peuvent être renouvelé indéfiniment.

Le régent est un privilégié, en effet outre ses émoluments, il est logé, reçoit des indemnités de chauffage. Il est souvent exempt d’impôts.

« Le maître d’école est essentiellement un homme d’église, il doit enseigner la lecture, l’écriture et l’arithmétique qui figurent au nombre des instructions chrétiennes au même titre que le catéchisme et le plain-chant » (les écoles à la campagne au XVIII siècle d’Alix de Rohan-Chabot)

Le 28 avril 1878 Madame Eléonore Valentin fait don à la commune de la coquette somme de 12000 francs pour assurer le paiement d'une institutrice pour les petites filles de la commune et ceci jusqu'à ce que l'Etat ait pourvu à la gratuité de l'enseignement primaire en France.(lois Ferry)

Les lois Jules Ferry (né à St Dié) sont une série de lois sur l'école primaire votées en 1881-1882 sous la Troisième République, qui rendent l'école gratuite (1881), l'éducation obligatoire et l'enseignement public laïc (1882).La loi du 16 Juin 1881, nommée d'après le ministre de l'Instruction publique Jules Ferry, rend l'enseignement primaire public gratuit, ce qui permit de le rendre ensuite obligatoire par la loi de 1882, qui impose également un enseignement laïc dans les établissements publics. Jules Ferry élabore aussi quelques lois concernant l'éducation des femmes ( http://fr.wikipedia.org/wiki/Lois_Jules_Ferry)

 

A Neufmaisons, deux bâtiments scolaires accueillaient filles et garçons, la mixité n'étant pas encore de rigueur.

 

Les maisons des écoles des garçons et des filles ainsi que la salle d'asile ont été établies dans les bâtiments peu appropriés à cette destination : les salles sont trop petites pour le nombre d'enfants qu'elles doivent contenir, leur hauteur est de beaucoup insuffisante et les enfants ne peuvent y respirer qu'un air vicié.

 

La commune ne possédant pas de salle de mairie, la salle de classe des garçons sert aux réunions du conseil municipal, aux adjudications et aux perceptions du receveur principal, et enfin les préaux font complètement défaut. Les logements des maîtres sont trop restreints et celui de l'instituteur a ses murs salpêtrés, ce qui le rend particulièrement insalubre.

Une restauration ne paraissant pas possible, le conseil municipal décide d'aliéner les anciens bâtiments avec leurs dépendances et d'entreprendre la construction d'un groupe scolaire complet comprenant un asile, deux salles de classes pour garçons et filles avec logements pour les maîtres, une salle de mairie et des préaux jardins.

Les constructions seront élevés dans les jardins situés entre le ruisseau et la ruelle du Capitaine d'une part, les maisons du Chauffour et la rue du moulin d'autre part; on y aura accès de la route de Badonviller à Raon l'Etape par une avenue plantée jusqu'au ruisseau.

 

Tel est le rapport dressé par mr Gegoux, maire de la commune qui exprime clairement la situation et la nécessité de recouvrir à une construction.

 

"L'an 1883, le 21 janvier, nous maire de la commune de Neufmaisons, nous nous sommes rendus en salle ordinaire de Lunéville pour l'adjudication des travaux à effectuer pour la construction d'un groupe scolaire dans la commune. Neuf entrepreneurs avaient soumissionné; au résultat du dépouillement des dites soumissions, ce fut celle du sieur Hachon Jean Baptiste d'Ancerviller qui fut reconnue la plus avantageuse avec un rabais de 6,30%. Il réunit les qualités prescrites et présente les garanties exigées pour la bonne exécution des travaux; il a donc été déclaré adjudicataire des ouvrages désignés au devis estimatif dressé à cet effet par le sieur Biet, architecte à Lunéville et ceci pour la somme de 54814,50 frs"

 

C'est en ces termes que s'exprimait le Maire à l'époque, au début de l'année 1883.

Tentons désormais de mettre en évidence les différents systèmes de financements auxquels eut recours la municipalité afin de régler le montant de la note, qui pour une telle localité constituait une dépense importante.

Le montant de la dépense globale atteignait la coquette somme de 72 015,39 frs. Ce chiffre relativement élevé prend en considération de nombreux éléments, à savoir :

·         l'achat des terrains

·         les droits d'enregistrement

·         le montant des honoraires de l'architecte

·         le réglement des différents travaux prévus tant au devis primitif qu'au devis suppléméntaire;

Restait donc à la commune à trouver cette somme, afin d'assurer le paiement de tous ses créanciers dans les plus brefs délais.

 

·         la vente des écoles existantes rapporta..................................................5200 francs

·         la commune emprunta à la caisse des Ecoles..........................................35000 francs

·         le département apporta une aide financière de.....................................2500 francs

·         la caisse communale dégageait un excédent de trésorerie de.........1815,39 francs

 

Le total de ces cinq éléments représentait la somme de 68015,39 frs. Le déficit s'élevait donc à 4000 francs. Il fallait donc sans plus attendre trouver le financement complémentaire, c'est ainsi que la municipalité jugea utile de s'adresser au secrétariat d'Etat afin d'obtenir un secours de nature exceptionnelle.

La réponse fut attendue avec impatience, mais hélas elle fut négative.

" J'ai examiné la demande de secours formulé parla commune de Neufmaisons pour l'achèvement de la construction de son groupe scolaire. La dépense provient de travaux non prévus au devis primitif approuvé par mon Administration; il ne m'est donc pas possible d'accueillir favorablement la demande de secours supplémentaire formulée par la commune de Neufmaisons"

C'est en ces termes que le Secrétaire d'Etat fit part de sa réponse, restait donc à la commune à dégager de nouvelles ressources afin de résorber ce déficit de 4000 francs.

Quinze ans plus tôt, la commune pour une irrégularité s'était vu refuser une demande de secours adressé pour assurer le financement de la construction de son église, et aujourd'hui pour une irrégularité de même nature, elle se voit dans l'obligation d'assurer par ses propres moyens le financement de son groupe scolaire.

 

Après avoir réglé tous les problèmes financiers, la commune pouvait se vanter de posséder un très beau groupe scolaire, qui se révéla très fonctionnel au fil du temps en s'adaptant parfaitement aux exigences du moment.

La guerre de 1914 - 1918

C'est ainsi que pendant la première guerre mondiale, il faisait office d'hôpital. Il était occupé par une compagnie de soldats infirmiers, qui accueillait les blessés ramenés du front, leur donnait les premiers soins et si besoin était, les conduisait vers les hôpitaux plus importants, tel celui de Baccarat, ou les renvoyait directement au front, ou encore leur faisait réintégrer leur régiment d'origine.

 

La guerre 1939 - 1945

Le 26 août 1944, alors que les troupes allemandes occupent toujours la région, les résistants ont installés des moyens de transmission radio à la mairie école. L'institutrice, Madame GADAT, née CALBAT, mère de trois enfants s'est mise depuis longtemps au service de la résistance. Son mari, officier, est prisonnier de guerre en Allemagne.

Le dimanche 27 août 1944, les services de surveillance allemands repèrent le lieu d'émission et investissent la mairie école. Toutes les personnes présentes, dont Madame GADAT, un instituteur nouvellement affecté Roger, DESCHAMPS, ainsi que son frère Guy, DESCHAMPS sont arrêtées, et conduites à Nancy pour interrogatoire. Immédiatement, les soldats allemands incendient l'édifice.

 Le 4 septembre 1944, Madame GADAT et les frères DESCHAMPS sont fusillés en forêt de Grammont.

Ce local communal qui servait de centre d’émission et de réception radio ne devait pas demeurer aux dires des allemands, qui s’empressèrent de piller les logements, de jeter par les fenêtres, bon nombre de biens et qui finalement lancèrent des bombes incendiaires dans les locaux.

Mr Dehay, maire de la commune parvint tout de même à pénétrer dans sa mairie et à sauver quelques archives communales.

Le 27 août 1944 en soirée, il ne restait plus de ce beau groupe scolaire que des murs calcinés. Heureusement, le bâtiment annexe à cet ensemble, communément appelé « asile » avait été épargné ; désormais il allait faire office de salle de mairie et de salles de classes pour les enfants en attendant que les travaux de reconstruction voient le jour.

 A partir de 1945, une école provisoire (en planches), est installée en attendant la reconstruction définitive du bâtiment.

Sur le premier cliché ci-dessus, une photo de classe avec l'institutrice Madame ANDRE qui avait pris la suite de la défunte Madame GADAT.

photo de classe

 

Photo de classe

 

autre photo...

 

 

photo ecole

 

Le baraquement école.

Les clichés nous ont été aimablement transmis par Madame ANDRE.

Dès 1947, Mr Mazerand, architecte à Nancy, dressait plans et devis du groupe scolaire que nous connaissons tous.

Un problème demeurait cependant : où le reconstruire ?

La Direction Académique avait alors exprimé le désir que la reconstruction ait lieu à proximité de la ruelle du Capitaine, c'est-à-dire précisément où se trouvent les préaux de l’actuel groupe scolaire.

Le MRU, Mouvement pour la Reconstruction et l’Urbanisme, partant du principe que les fondations du bâtiment incendié offraient de réelles garanties de solidité, était quant à lui partisan de reconstruire exactement à la même place : ce fut finalement le solution qui fut adoptée.

Une petite parenthèse à propos de ces travaux de reconstruction qui auraient en principe dû se terminer par une inauguration officielle, s’impose de par son aspect quelque peu anecdotique.

La Direction Académique avait fait savoir à la municipalité qu’elle ne daignerait pas assister à cette inauguration, étant donné que le souhait qu’elle avait formulé à propos du lieu même de la reconstruction n’avait pas été pris en considération.

Finalement la solution à ce problème délicat fut rapidement trouvée ; Mr Paul Mathieu, Maire de la commune, décida tout simplement de supprimer cette inauguration prévue, évitant ainsi d’éventuels malentendus.

Epilogue :

Devant la baisse du nombre d’enfants scolarisés, l’école de notre village devait fermer définitivement ses portes en

 

 Liste des régents d’école et instituteurs